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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 23:28

La maison de grand-mère au Port-Louis


Elle avait encore appelé. C’était la seconde fois cette semaine.  Son fils avait décroché. Mais elle, elle ne s’était pas déplacée. Il est vrai qu’avec ses jambes, elle le faisait de moins en moins. Elle aurait pu, si elle l’avait voulu, demander au moins de ses nouvelles. Alors, il lui aurait apporté le combiné et elles auraient échangé quelques mots.


Aussi loin qu’elle pouvait s’en souvenir, elle avait toujours feint ou du moins fait semblant d’éprouver l’affection  qu’elle aurait du ressentir pour sa fille. Mais c'était surtout en présence des autres. Car, elle le savait, son cœur était sec.  Cela datait, peut-être, du temps où son mari s’en était allé. A cette époque, la petite devait avoir cinq ans. Depuis, un simple effleurement, voire  un simple contact avec elle lui faisait horreur.


Pendant longtemps, une bêtise ou même un manquement de sa part, la mettait dans une rage folle. Alors elle allait chercher le martinet et pouvait enfin laisser libre cours à toute cette souffrance  rentrée. Et elle ne s’arrêtait que lorsque tout le fiel qui débordait de son cœur semblait s’être complètement tari.

Sa ressemblance avec son ex, lui insupportait. De plus, quand elle riait, elle avait  l’air de se moquer, de la narguer. Car elle avait le même rire que son père. Cette similarité était accentuée par un caractère identique, dû sans doute au fait qu’ils étaient du même  signe. Mais elle avait toujours interprété cela comme  un  mimétisme concerté. En effet, à l’époque, ils semblaient toujours du même avis. Et elle avait le sentiment qu’elle le préférait à elle ; se sentant exclue de cette complicité.
Elle lui lançait des regards courroucés.  Alors sa fille, les ressentant comme des flèches assassines, osait rire de moins en moins  . Et les années passant, elle s'en abstint même tout à fait.
 

Puis, vers l’adolescence, elle avait essayé de la comprendre, pourquoi pas inconsciemment pour essayer de reconquérir son père ; en le  déchiffrant  à travers elle.

Mais elle l'avait regardée alors avec détachement et méfiance et ne s’était jamais livrée ; se comportant comme une visiteuse de passage, qui savait qu’elle s’en irait un jour.
 

Elle avait alors décidé de lui casser le caractère afin de mieux la dominer, de lui inspirer de la terreur afin de la déposséder de tout ce à quoi elle tenait ; lui arrachant des mains tout ce qu’elle avait, en lui reprochant de ne pas savoir partager, de ne point savoir donner. Cela l’avait rendue encore plus étrangère et plus détachée. Elle se sentait maintenant survolée, ignorée, comme une fièvre maligne qui finirait bien par s’en aller. Car sa fille s’était  endurcie, progressivement, jour après jour. Donc, elle avait donné délibérément aux cadets tout ce qu’elle lui avait toujours refusé et même la part qui aurait du lui revenir ; puisque si cela avait l'air de l'indifférer c’est qu’elle n’en n’avait nul besoin

 

Extrait du Manuscrit – La dignité des hommes- 
Chantal Sayegh-Dursus © Propriété Intellectuelle Sécurisée

Par Punch-frappe - Publié dans : Mes écrits - Communauté : Les chroniques de la meute
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 23:09

  la-soufri-re.jpg


Notre astronef avait du se poser sur cette planète inconnue.

Ne sachant où nous restaurer, dormir, ni surtout comment  trouver les pièces détachées  pour notre appareil, nous avions monté un bivouac improvisé, mais ne voyions rien qui puisse ressembler à un  quelconque moyen de transport, ni à  un magasin d’alimentation ou  simplement même à de la nourriture. Et surtout nous semblions invisibles pour les habitants des lieux.

 Désabusés et épuisés nous restâmes prostrés assez longtemps. Un temps suffisamment long en tout cas pour nous trouver dans un état de dénutrition et de déshydratation avancés.


 Alors ils vinrent et avec des appareils étranges (…)  nous ne progressions pas, suffisamment pour en saisir le concept.


Une matière translucide  se matérialisa sous nos pieds et nous emmena, sans aucune   sensation de  déplacement, dans une enceinte, ou nous reçûmes de l’alimentation et de l’eau (…) .
Nous avions été mis  avec les  mentalement réticents.


De temps à autre, ils s’efforçaient de nous communiquer leurs attentes. Nous comprîmes enfin nos hôtes : nous devions matérialiser notre nourriture par la pensée et à nous déplacer pareillement. Mais eux  semblaient  ignorer nos demandes répétées de pièces détachées pour notre astronef. 
 

Le langage des signes, langue universelle était devenue  interplanétaire. Au contact suivant,  nous débutâmes par les remerciements d’usage avant d’entamer une conversation soutenue.

 

Ils nous regardèrent sidérés et tournèrent les talons.

 

 Nous comprîmes bien après que nous avions employé le langage des primitifs, des premiers temps de leur galaxie.

  (…)

 

Extrait du Manuscrit Les Spirituelles. Simples rêves ou rêves éveillés 12.1

Chantal Sayegh-Dursus

© Propriété spirituelle  sécurisée

Par Punch-frappe - Publié dans : Mes écrits - Communauté : Les chroniques de la meute
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