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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 14:22

 

«… la presque totalité de mon temps libre à m’instruire de la culture des lieux, grâce aux nombreux ouvrages d’auteurs réputés qui garnissaient les deux bibliothèques du château.  Ce qui fait que mon langage, il est vrai, est plus châtié que celui du commun des gens de maison … »

 

                               Je suis né en  Angleterre en l’an 1942. Et nous faisons partie du personnel de Sir  Aymeric,  septième du nom, depuis maintenant quatre générations. On nous prénomme William de père en fils.

 

                              A la  mort de mon maître, sixième du nom, on m’adjoignit de me rendre  avec sa veuve  au pays d’Anjou, où cette dernière devait entrer en possession d’un héritage  du côté  de sa mère.  Les possessions britanniques  ayant été laissées, d’un commun accord avec feu son mari, des années auparavant, aux descendants de leur lignée, deux jeunes gens très diligents  qui ne pouvaient que les faire fructifier encore d’avantage. Ces derniers s’étant déjà illustrés dans l’exploitation avec grand profit de diverses industries, que leur habilité en affaires,  avaient fait croître  au-delà de ce qui aurait pu être escompté. La gente demoiselle, elle, devenue Lady Simley par son mariage avec un pair du royaume,  avait été pour sa part, richement dotée d'une rente annuelle lui permettant, si par malheur son époux devait tout perdre de son bien, qui était pourtant considérable, pouvoir vivre très honorablement  jusqu’à la fin de ses jours.   

 

                                Arrivé au pays d’Anjou avec Lady Patterson, je m’acclimatai autant que cela se peut pour quelqu’un pour qui la retenue et le flegme britannique avaient été jusqu’à ce jour l’essence même et la mesure du comportement habituel en société. Car je fus, en effet, rapidement confronté à des mœurs et des manières dont je n’avais eu auparavant connaissance que par ouïe dire. Peu habitué à ces conduites si familières, je me tins sur mon quant à moi et évitai tout commerce, sauf en cas d’absolue nécessité, avec les autres gens de la Maison ; tout en m’attelant aux différentes tâches qui m’incombaient, avec diligence et discrétion, afin que nul n’en trouvât à redire. 
 Il vous sera donc aisé de comprendre que mes contacts avec le monde extérieur se limitèrent encore davantage aux strictes nécessités de mes obligations quotidiennes. Cet état des choses perdura pendant quatorze ans, c’est-à-dire jusqu’au décès de Lady Patterson. Ses héritiers préférant liquider la totalité de son avoir en pays d’Anjou, je me trouvai donc bien malgré moi, mis dans l’obligation de trouver une autre charge. Ce qui n’aurait du de prime abord me procurer nul grand changement car je maîtrisais fort heureusement la langue du pays, ayant utilisé la presque totalité de mon temps libre à m’instruire de la culture des lieux, grâce aux nombreux ouvrages d’auteurs réputés qui garnissaient les deux bibliothèques du château.  Ce qui fait que mon langage, il est vrai, est plus châtié que celui du commun des gens de maison et  n’a même rien du parler familier qui est largement diffusé dans la presse écrite ou par les médias audiovisuels locaux.

Cela n’est pourtant que billevesées si on s’attaque au point crucial de mes préoccupations ; celui-ci étant, de prime abord, un élément non immédiatement appréciable. Car je suis  né en Grande-Bretagne, et  nul n’était besoin de posséder là-bas de papiers d’identité, non plus qu’ici car tous mes gages étaient versés sur mon compte au pays de Galles; où j’avais d’ailleurs acquis quelque bien, quand l’heure serait venue de me retirer.
Donc je du, via mon Ambassade faire valoir que j’étais bien ce que je prétendais. Ce qui ne se fit pas sans un an de démarches assidues, avec des tracasseries de toutes sortes, vu qu’un ancien Ministre de l’Intérieur, ayant craint que le pays de France ne fut envahi par des hordes étrangères, voulant s’y établir définitivement aux dépens et aux désagréments de sa population, avait crée de multiples souricières afin que quiconque de mal intentionné ne pu s’y soustraire.
Je me trouvai finalement, dûment estampillé, pour ce que j’étais vraiment, avec une photo récente, ma signature, mon dernier lieu de résidence, ainsi que mes empreintes digitales.

 

                      C’est pourquoi que, depuis le 28 novembre 2000,  comme un lévrier d’exposition, j’ai maintenant mon L.O.F clairement répertorié dans les papiers de cette République, autrement dit, mon origine  ainsi que celle de mes ascendants.

 

 

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