Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 20:35

En juillet 2009, une Journaliste Soudanaise Onusienne, Loubna Hussein, est menacée de 40 coups de fouets pour avoir osé porter un pantalon au restaurant, mais la sentence est finalement réduite à 200 $ d’amende.



Cette histoire me ramène à mes années Lycée. Car dans mon Établissement, le port du pantalon était interdit aux femmes, mais je l’ignorais.

C’est mercredi,  jour de Contrôle, Contrôle  d’Espagnol très exactement. Je me dépêche, et cours. Il ne faudrait pas que je sois en retard. Cette note figurera dans mon dossier, celui du Baccalauréat. Brusquement surgit d’une classe, l’un des Surveillant Généraux, celui que nous surnommons tous Eliott Ness, me barre tout à coup le chemin. Il me toise du regard, et éructe soudain d‘une voix forte :

« Qu’est-ce que c’est que cette tenue ? Vous êtes priée d’aller vous changer prestement. Le pantalon n’est pas autorisé pour les femmes, et seuls les garçons de ce Lycée sont autorisés à en porter ».

Pourtant mon pantalon en alpaga rose, ligne cigarette est plus correct que mes mini-jupes habituelles, « Bonne-maman », mon Censeur le plus strict, me l’a bien confirmé lorsque j’ai quitté la maison. Pour une fois elle n’a pas interpellé ma mère :

«  Constance, ta fille quitte la maison presque nue ! »

Une amie me souffle à l’oreille :

«  J’habite à deux pas. Si tu le désires, je puis te prêter l'une de mes jupes ».

Mais je n’ai pas encore digéré cette atteinte à ma liberté, à ma liberté de choisir un pantalon, une robe ou une jupe. Un autre camarade  me murmure:

«  Le Surveillant Général est parti, il rentre certainement chez lui, maintenant qu’il a bien rempli sa journée, ne t’en fais, pas il n’est plus là ! ». L’hésitation me fait vaciller. Et puis cette histoire de pantalon me paraît totalement saugrenue, alors que des professeurs femmes portent des décolletés allant jusqu’au bas du dos. Je balaie d’une pensée positive cette intrusion inopportune et pénètre dans ma classe. Qu’est-ce que c’est que ces histoires de chiffons ? Moi j’ai un Baccalauréat à passer.

Le lendemain, comme un Trophée, je reçois des mains du Censeur un Billet de Consigne pour 4 heures de retenue :

« S’est présentée au Lycée dans une tenue non autorisée et s’est refusée de sortir pour l’améliorer ».

Je m’imaginais en tenue osée, le nombril à l’air, en short moulant pénétrant dans l’enceinte de ce Lycée. Mais un chemisier doublé en dentelle, un pantalon en alpaga rose et des escarpins vernis noirs. Mais où se trouvait donc l’indécence ?

Le jour de la consigne, le Censeur me présenta avec un air compassé le sujet du devoir sur lequel je devais plancher pendant quatre heures durant :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Quèsaco ? Qu’est-ce que la science a à y faire ? Et mon âme dans tout cela ? Il est vrai que tu temps du Christ le pantalon n’avait pas été inventé et hommes et femmes se promenaient en grandes djellabas blanches. C’était certainement plus pratique, notamment pour la ventilation, car il devait faire assez chaud en Galilée. Je me vois me torturant les méninges pour finalement en extirper Nagasaki et Hiroshima. Il est peut-être probable que gêné par un pantalon trop serré, celui qui inventa la bombe aurait mieux fait de porter  un kilt.

Mon Bac obtenu, cette histoire de pantalon ne resta dans mon esprit que comme une contrariété obligée, qui m’avait assurément motivée pour ne plus remettre les pieds au Lycée.

Mais mes camarades ne l’entendaient pas de cette oreille. A la rentrée  de 1970, toutes les filles du Lycée Gerville Réache de Basse-Terre vinrent à l’École en pantalon et l’interdiction fut levée. Suffragette malgré  moi. Le droit à la braguette pour tous et pour toutes...

Donc journaliste soudanaise onusienne, trente neuf ans après ta lutte n'aura pas été vaine, même si une sentence aussi imbécile que celle qui m’échut fut prononcée à ton encontre. Car nul Écossais ne fut interdit de circuler en kilt hors d’Angleterre que je sache…et nul n’interdit non plus jamais à Jean-Paul Gaultier d’inonder la planète de ses jupes pour hommes, bien que c'est généralement un apanage qui nous est réservé...

Une Chienne de Garde sans frontières.

Chantal Sayegh-Dursus

Par Punch-frappe - Publié dans : DE© Tous droits réservés
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Commentaires

profil bas en France, il semble qu'un un arrêté de la prefecture de Paris (tombé en désuétude) interdisait le port du pantalon aux femmes
Commentaire n°1 posté par guaresi gilles yassine le 20/02/2010 à 09h07
Il n'y a pas si longtemps de cela, il était également deconseillé pour une femme de se rendre à un rendez-vous de travail en pantalon. On revient de loin et on semble l'avoir oublié.
Réponse de Punch-frappe le 20/02/2010 à 14h28
J'AI PARFOIS HONTE D'ETRE UN HOMME.......................
Commentaire n°2 posté par Didier le 28/01/2010 à 15h42

Il faut pas, tu n'y es pour rien, il y a des idiots des deux cotés.

Réponse de Punch-frappe le 29/01/2010 à 02h33
Restons vigilants, il y a quelques jours je me suis fait photographier pour renouveller ma carte d'identitè. On m'a demandé de ne pas sourire et de retirer mes lunettes,
nouveau décret? En bon citoyen je me suis executé et tout de même surpris.
Alors la BURQUA DOIT ÊTRE INTERDITE.
Bravo Chantal pour ce témoignage.
Christian DUTASTA.

Commentaire n°3 posté par Dutasta le 15/11/2009 à 22h56

 Il est vrai que l'on oublie qu'il n'y a pas si longtemps en France les employeurs exigeaient une tenue correcte, c'est à dire jupe ou robe, car le pantalon était proscrit.

La photo anthropométrique, elle, est exigée en Occident depuis les attentats du 11 Septembre.
De plus, des explosifs ou un homme peuvent être cachés sous une burqa. Il paraît qu'après son procès Michael Jackson s'était réfugié en Arabie Saoudite et en portait une. Il avait été arrêté car il portait des chaussures d'hommes. Donc pantalon ou burqa, il faut choisir.

Réponse de Punch-frappe le 16/11/2009 à 21h17
La rage!
Je me souviens de ces interdits qui furent levés après mai 68.
Quand je pense qu'aujourd'hui des femms françaises mettent la burqua alors que d'autres sous d'implacables dictatures cherchent à l'enlever.
C'est un peu le monde à l'envers.
La rage reste inctacte.
Commentaire n°4 posté par polly le 26/09/2009 à 07h36

Je pense que c'est peut-être par provocation, ou encore pour faire plaisir à des maris qui se radicalisent. Elles ne se rendent pas compte de la chance qu'elles ont de vivre dans un État laïc. J'en parlais justement sous mon article "coup de coeur littéraire" de Jacqueline Patriarche " Anesthésie, Amour et Fantaisie".
J'aime ton blog, je le mets dans mes liens afin de le visiter plus souvent

Réponse de Punch-frappe le 26/09/2009 à 12h22
Merci pour ton passage sur FAAXAAL. Tu peux y puiser tout ce que tu veux.
N'hésite pas à faire du buzz et vive le gratuit ;)

Bonne journée
Commentaire n°5 posté par Kriss le 08/09/2009 à 08h34

Je n'y manquerai pas, maintenant que tes coordonnées sont fixées grâce à ton commentaire.

Amicalement

Réponse de Punch-frappe le 08/09/2009 à 14h20

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