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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 09:25

Caravelle Air France 1963-07-07

 

(...)

 

Nous partîmes en Caravelle,  à  destination d’Orly et voyageâmes en première classe.  Le Champagne nous fut offert. Mais notre mère refusa que nous les enfants en buvions:

_   Ce ne sont que des enfants, un verre de jus de fruit fera l’affaire ! 

 

 Nous restâmes deux jours en transit, dans une suite d’un grand hôtel parisien, et y découvrîmes la cuisine gastronomique française.

La longueur du jour nous surpris car,  la nuit tombait, chez nous à dix huit heures, alors que le soleil brillait encore  à vingt et une heures, car nous étions en  été.

 Notre père, qui étudiait alors,  à Cachan, vint nous voir. Il nous paya des glaces et les petits bateaux du jardin du Luxembourg. 

Pendant ce transit, nous visitâmes également le Louvre avec des amis de ma mère  et vîmes la Tour Eiffel.

Partout «  Des amoureux s’embrassaient sur les bancs publics… », et la mode était aux tailles de guêpes pour les femmes.

                      

            Nous prîmes un vol intérieur pour Toulouse. Je feuilletai les journaux mis à notre disposition : Alain Delon venait d’épouser Nathalie, malgré l’amour qu’il disait encore éprouver  pour Romy. Je trouvai cette histoire aberrante et époustouflante.

 

          Ma mère commença à nous mettre en garde. Ici, nous ne devions  parler à personne, connue ou inconnue, à part à notre propre famille. D’ailleurs, ici les gens  étaient différents. Nous ne devions laisser voir aucun objet de valeur. L’une de nos compatriotes, ayant une natte descendant  jusqu’aux haut des cuisses, s’était retrouvée avec une coupe à la garçonne en sortant du métro. Tel autre, en attendant le train, s’était fait pousser, sous les rails, par quelqu’un à qui sa tête ne revenait pas. Aussi elle insistait :

_ Attention, attention, les enfants, ici nous ne sommes pas chez nous. Il y a de nombreux crimes irrésolus et les criminels peuvent être n’importe qui, nous répétait-elle encore et encore. 

 

(...)  

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commentaires

gilbertilo 27/06/2012 21:48


Tu as bien profité tant mieux ,peu m'importais les modalités (de paiement)de ce voyage.Abondance de biens ne nuit à personne selon le proverbe.Doit on être misérable pour défendre les miséreux?

Punch-frappé 28/06/2012 01:04



Je n'aime pas ce terme les miséreux, car c'est souvent question de circonstances ou de chance :


" Devrais-je vivre mille vies, j'espère que mes efforts d'aujourd'hui me feront usage demain."



gilbertilo 27/06/2012 07:11


Voyage en première classe ,grand hôtel,gastronomie,on ne se refuse rien.

Punch-frappé 27/06/2012 09:02



Ce n'était pas nous qui payions. Cela faisait du package de ceux qui acceptaient de revenir en France pour se ressourcer. Mais quand nous sommes rentrés c'était encore mieux ; une
croisière de 14 jours sur le Flandre en 1è classe avec une piscine privée (interdite aux autres classes, mais nous pouvions aller dans les leurs), des transats réservés sur le pont promende avec
du thé et des gâteaux offerts le matin et l'après-midi à volonté, sans oublier les jeux (ping-pong et autres), les soirées spectacles, le cinéma d'Art et d'ESSAI permanent, le repas à la table du
capitaine et les repas .... gastronomiques.....


Sauf en gagnant au loto....



écureuil bleu 26/06/2012 20:40


Ca devait être un grand changement... Jeune je ne voyageais pas...

Punch-frappé 27/06/2012 02:28



Pas tant que cela, mais l'imaginaire, augmenté de toutes sortes d'histoires lues dans les journaux que nous recevions, aurait pu nous faire croire que Paris ressemblait
à Chicago pendant la guerre des gangs.  


 Ce comportement surprenant je l'ai revu chez la mère d'une amie qui était venue nous voir alors que je résidait depuis 10 ans dans la région parisienne. Elle rasait les murs des
immeubles en serrant son sac à main contre sa poitrine comme s'il eut contenu les bijoux de la courronne. Ce qui aurait pu en effet attiser bien des convoitises.



Christian Dutasta 25/06/2012 16:27


La Caravelle, fut le premier bi-réacteur moyen courrier d'après guerre. Construit à l'époque par "Sud-Aviation" à Toulouse. premier vol en 1958. Plus de 250 exemplaires ont été contruit. Avion
d'une grande finesse, l'expérience à été faite, partie à la vertical d'Orly à 10000mètres d'altitude, puis à moteur réduit elle à planée jusqu'a la verticale de Dijon pour arriver à une hauteur
de 1500 mètres. Très appréciés des pilotes et des passagers. Elle fut surnommée " SA MAJESTE" Par ses lignes écrites au passé simple, Chantal Honneur cette période de conquête. Qui est un passé
encore tout proche.


Christian


 

Punch-frappé 25/06/2012 19:10



Merci pour toutes ces précisions que j'ignorais. Es-tu pilote ?



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