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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 22:53

 

La maison de grand-mère au Port-Louis

 

 

        (...) Des années passées au Lycée, la cinquième fut la pire de toute ma scolarité.

 

               Une malveillance ressentie, une remarque désobligeante d’un professeur, m’ont encore fait perdre tous mes moyens, et j’ai obtenu une mauvaise note, une fois de plus.

Ma vie me semble sans issue. Je vais me faire gronder, gifler sans aucun doute. Comment m’en sortir ? Aucune solution ne se présente à moi.

J’ai maintenant suffisamment vécu, je le pense vraiment. Je crois que le meilleur de ce qui était à vivre est maintenant derrière moi. Le futur me semble de plus en plus compliqué. J’ai décidé de m’arrêter là. Je ne crois pas que j’irai plus loin. Je n’ai pas la force d’aller plus loin ! D’ailleurs pourquoi continuer à vivre. Ils ne me prêtent généralement aucune attention. Du moins chaque fois qu’ils le font c’est pour me critiquer. Ils seront bien surpris quand ils verront que je suis morte. Ils pleureront et moi cela me fera rire. Ils n’avaient qu’à m’apprécier quand j’étais vivante. Maintenant je suis certaine qu’ils ne m’oublieront jamais. Ils se demanderont : mais pourquoi ? Pourquoi ?

J’imagine le moyen de m’évader rapidement de cette existence qui devient de plus en plus inintéressante, dure, oppressante.

Une ficelle, une corde suspendue à une poutre du plafond serait une porte de sortie. Je cherche une chaise, la trouve et m’enfonce dans un puits sans fond, glisse et me retrouve étalée de tout mon long sur le plancher.

Assise sur la chaise tout en réfléchissant à la situation catastrophique dans laquelle je me trouvais, je me suis endormie ; épuisée d’avoir tant pleuré. J’ai glissé et ma chute m’a brutalement réveillée. Il fait déjà presque nuit.

J’entends qu’on me cherche, qu’on m’appelle. Je descends les escaliers. L’on verra bien demain. Mais le lendemain c’est lundi et je dois prendre « un transport en commun » pour me rendre au Lycée de Basse-Terre où je suis pensionnaire, et apprends juste en arrivant que l’on a un contrôle sur la paramécie. J’ouvre mon cahier et lis chaque ligne avec une attention extrême, car je n’ai que cinq minutes pour tout mémoriser, cinq minutes pas d’avantage ; avant que le professeur de sciences naturelles n’ait fini de déballer toutes ses affaires.

Finalement j’ai obtenu 16,5/20 à cette composition.

 

J’exulte… la vie est belle !

 

 

Extrait de la Dignité des hommes©CopyrightFrance.com

 

 

 

 

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commentaires

Christian Dutasta 28/06/2011 21:57



Il ne faut pas oublier qu'il y a des amis qui t'aime


Christian



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  • : le domaine de Chantal Sayegh-Dursus
  • le domaine de Chantal Sayegh-Dursus
  • : Quelques échantillons littéraires personnels, mais surtout des coups de coeur pour des auteurs ou des artistes, dont l'oeuvre ou les écrits m'ont interpellé ; ainsi que des entrevues avec des personnalités du Monde de la Culture.
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