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le domaine de Chantal Sayegh-Dursus

le domaine de Chantal Sayegh-Dursus

Quelques échantillons littéraires personnels, mais surtout des coups de coeur pour des auteurs ou des artistes, dont l'oeuvre ou les écrits m'ont interpellé ; ainsi que des entrevues avec des personnalités du Monde de la Culture.

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Après-midi d'automne

 

 

Le sentier disparaissait sous les herbes folles.

Seul son creux dans le sol guidait encore mon pied.

Une toile d’araignée, fine comme de la soie,

me poudra le visage.

Un lièvre apeuré fila dans un buisson

Les arbres me faisaient un toit d’émeraudes,

Que le soleil là-haut faisait toutes briller.

Je suivais cette sente où me portaient mes pas,

Caressant au passage une branche cassée.

Une laie suivie de quatre marcassins

Allant d’un trot alerte me barra le chemin

Je m’écartai d’un saut sur un arbre coupé

Et m’y juchai tel une équilibriste.

Hésitant un instant, elle poursuivit son chemin, 

Après m’avoir gratifiée d’un petit grognement. 

J’évitai son regard et baissai même les yeux,

Car trop de place déjà je prenais dans son monde.

J’encombrais sa forêt de ma personne oisive.

Je caressais les arbres, évitais les fourmis,

Me faisant nuage dans cet espace sauvage.

Mon esprit libre de toute contingence,

Se laissait guider par seulement l’instinct.

Comme le plus petit être de cette forêt touffue,

Je me fiais au vent.

Il m’apportait des senteurs inconnues,

La sève de l’arbre à la branche cassée,

Maintenant je la sentais,

Comme une blessure ouverte,

Qu’il tentait de cicatriser en la coagulant.

Une biche cherchait là-bas son petit.

Il croquait non loin d’elle de tous jeunes bourgeons.

Dans un creux un renard surveillait une pie,

Et sa robe se mariait à celle de la forêt.

Car nous étions déjà arrivés fin Septembre

Et toutes ces teintes chaudes

Me faisaient ressentir les premières vibrations du cœur de l’automne.

Comme une tapisserie fine

Que j’essayais de fixer dans mon esprit folâtre

Ces touches de couleur,

Que je voudrais copier  sur une toile toute blanche.

Sans nul dessin, juste des sensations

Les sensations diffuses d’un après-midi de Septembre

 

Chantal Sayegh-Dursus

© Propriété Intellectuelle Sécurisée

Publié le 23/09/2009 à 16h23 dans Mes écrits

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