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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 22:10

la planète bleue

"Je suis la mémoire du temps et j'ai attendu que vous vous réveilliez de ce profond sommeil où vous avez été plongés pendant toute la durée du voyage de retour qui a été le votre.
Quand je me promenais seul dans les villes abandonnées, ou traversais les forêts pendant la longue nuit du solstice d'hiver, seuls les chiens me tenaient compagnie. Je leur ai raconté tous les secrets de notre monde passé afin qu'ils marquent dans leur mémoire ce qu'avait été l'homme.
Mon visage ne vous dira rien, car vous étiez déjà partis alors que je n'étais pas encore né. Et pourtant c'était hier."

Dans la chambre vermeille, ils écoutaient en silence le vieil homme, pendant que la neige tourbillonnait dans les champs, à l'extérieur. Ils allaient enfin connaître la vérité sur la fin des hommes. Car ils reprenaient l'histoire, là où elle s'était arrêtée, grâce à la mémoire de l'ancêtre. Et les jours, où la lumière des siècles anciens illuminerait à nouveau la terre, devenaient à nouveau possibles. Car ils avaient emmagasiné dans des capsules mémoires toutes les erreurs du passé, ajoutées aux découvertes faites sur les nouveaux mondes. Ce qui les aiderait à recréer des jours radieux pour la planète bleue. 

 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 12:52

 

 

HONFLEUR 020-copie-1
 

Perchée tout en haut d'une sente,
Tel un bateau ivre, sur une mer démontée,
Une maison couleurs ciel-mer emmêlées
M'a cligné de l'oeil,
J'y suis entrée, et le peintre,
tout au fond de son antre,
barbouillée de peinture,
a consenti à me vendre deux aquarelles azur.
La peinture sur les cadres dégoulinait encore,


Comme pour m'approprier ces corolles bleu-mer.
De retour à Paris,
Je les ai suspendues tout au fond d'une alcôve,
Comme je les y avais vues, toutes deux nichées.
Quand je m'y rends par hasard,
A la recherche d'un dossier égaré,
Elles me font un clin d'oeil,
Me ramenant au Honfleur,
En cette journée de printemps.
Sensations marines et estivales,
Capturées, d'un, clic...clac

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 18:53

 Ronde d'enfants

 

Comme un crépitement dans le fond de l’oreille,

J’entendais cascader ces petits rires coquins.

Ils ricochaient, gouttelettes limpides et fraîches,

Chatouillements  des éclats de rire de tous jeunes enfants.

 

Que leur avais-je dit pour créer une telle joie ?

Ah oui, je m’en souviens !

Qu’il fallait vite se dépêcher,

Car ils me faisaient perdre du temps.

 

Perdre quoi, m’avaient-ils demandé ?

Du temps leur avais-je répondu

Et ils s’esbaudissaient de cette perte incongrue

Car pour eux, tout leur temps ils avaient devant eux

 

Car ils se trouvaient à l’aurore de leur vie,

Et même si la mort devait les emporter par erreur,

Ils lui riraient au nez, car ce n’était pas encore le temps,

Et alors toute confuse, elle s’en irait honteuse.


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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 17:23



 Au-dela de l'hiver

 

 

J’ai regardé le toit et vu une étincelle,

J’ai cligné des yeux et fus éblouie

Par une étoile filante à la queue scintillante,

Annonçant une aube nouvelle,  éblouissante,

 

Puis je suis revenue dans mon jardin d’hiver,

Ce n’était que la neige, posée sur un toit,

Où miroitaient des flocons étincelants de givre

Lui faisant un manteau de cristaux lumineux

 

J’avais cru voir une lueur  ineffable,

Qui n’était que le signe d’un hiver très glacial.

Je me suis calfeutrée, tout au fond de mon antre,

Hibernant tel un ours ou bien une marmotte

 

L’hiver, cette année, m’a prise à dépourvu,

Trompée par des annonces de réchauffement climatique,

J’ai donné toutes mes bûches ainsi que mes brindilles,

A une amie frileuse, qui n’avait jamais chaud.

 

Mais peut-être était-ce l’âge de l’hiver de sa vie,

Elle m’avait avoué beaucoup plus que son âge apparent 

 Alors que,  bien que la sachant mon aînée,

Je ne lui aurais donné que soixante-cinq ans à peine

 

C’est ainsi que de nos jours l’apparence est trompeuse,

Tous apparaissent  bien plus jeunes que leur âge affiché,

Mais les machines internes sont rarement changées,

Et ainsi on  voit des séniors frappés en pleine jeunesse.

 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 18:03

 
La maison de grand-mère au Port-Louis

 

 

                  Il avait organisé sa vie pour ne faire que ce qu’il voulait, et que quand il le désirait. Et  cela n’avait pas été sans mal. Certains prétendaient qu’il était paresseux,  jouisseur. Mais il se souciait peu de l’opinion des autres, car son but était de devenir  riche et célèbre, et  ceci, bien avant  l'âge de trente-cinq ans.


                Pour atteindre cet objectif, il avait commencé à écrire et passait même tout son temps à cela.
Il s’était bien essayé à divers métiers afin de subvenir à ses besoins, mais tous nécessitaient trop d’efforts pour un résultat dérisoire.


                 Il avait consulté les astres et scruté les planètes, avant même d'être né. La famille qu’il s’était choisie avait des trésors enfouis ou non encore exploités. En fixant son dévolu sur elle, il s’assurait ainsi une vie confortable et sans efforts excessifs. 


                 Mais les années passant il n’avait pu compter que sur le travail de son épouse et les salaires, puis les pensions de retraite de ses parents. Alors anxieux de la fuite du temps, et voyant venir à grand pas l’âge d’une retraite où il n’aurait nulle pension, car n’ayant jamais travaillé, jamais cotisé, il s’intéressa aux donations et héritages possibles. Mais il avait une fratrie, bien que pas très nombreuse, mais suffisante cependant pour réduire sa part. Alors il employa toute son énergie à convaincre ses proches qu’eux ils n’en n’avaient nul besoin, ou du moins beaucoup moins que lui. Il y parvint d’ailleurs assez bien. Mais toutes ses entreprises, si soigneusement élaborées furent gâchées, quand il décida de ne pas les informer du décès d’une tante, les empêchant ainsi de pouvoir se  rendre à l’enterrement…

  

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 00:23

La maison de grand-mère au Port-Louis
Mon amour, ma fille, mon bébé, dès la naissance je t'ai tout offert
Quand je pensais que j'en avais assez fait
Je trouvais des ressources pour te donner encore et encore,
Car quand je lachais prise tu coulais.
Je trouvais alors des forces insoupçonnées pour te guider toujours.
Mais tu décourageais les efforts les plus soutenus.
Tu brisais les rêves les plus évidents.
Alors, aujourd'hui, j'ai décidé de te laisser partir.
Le coeur me cuit, mais j'ai compris,
J'ai enfin compris que tu veux réinventer la roue.
Je t'attendrai et je serai patiente.
Quand tu en seras arrivée là, je te prendrai par la main,
Et nous continuerons ensemble la route.
Ce jour-là, étant passée par des chemins que je n'ai jamais franchis,
C'est toi qui me guideras,
Puisque je me suis toujours appuyée sur l'expérience et les conseils de mes aînés,
Et n'ai jamais suivi la route du risque et de l'expérimentation.
Je n'ai jamais rasé le Monde pour en construire un nouveau.
Donc à l'expérience de la vie je suis comme un bébé,
Comme un bébé qui vient de naître, et ce sera toi la mère.

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 22:28

La maison de grand-mère au Port-Louis


Elle avait encore appelé. C’était la seconde fois cette semaine.  Son fils avait décroché. Mais elle, elle ne s’était pas déplacée. Il est vrai qu’avec ses jambes, elle le faisait de moins en moins. Elle aurait pu, si elle l’avait voulu, demander au moins de ses nouvelles. Alors, il lui aurait apporté le combiné et elles auraient échangé quelques mots.


Aussi loin qu’elle pouvait s’en souvenir, elle avait toujours feint ou du moins fait semblant d’éprouver l’affection  qu’elle aurait du ressentir pour sa fille. Mais c'était surtout en présence des autres. Car, elle le savait, son cœur était sec.  Cela datait, peut-être, du temps où son mari s’en était allé. A cette époque, la petite devait avoir cinq ans. Depuis, un simple effleurement, voire  un simple contact avec elle lui faisait horreur.


Pendant longtemps, une bêtise ou même un manquement de sa part, la mettait dans une rage folle. Alors elle allait chercher le martinet et pouvait enfin laisser libre cours à toute cette souffrance  rentrée. Et elle ne s’arrêtait que lorsque tout le fiel qui débordait de son cœur semblait s’être complètement tari.

Sa ressemblance avec son ex, lui insupportait. De plus, quand elle riait, elle avait  l’air de se moquer, de la narguer. Car elle avait le même rire que son père. Cette similarité était accentuée par un caractère identique, dû sans doute au fait qu’ils étaient du même  signe. Mais elle avait toujours interprété cela comme  un  mimétisme concerté. En effet, à l’époque, ils semblaient toujours du même avis. Et elle avait le sentiment qu’elle le préférait à elle ; se sentant exclue de cette complicité.
Elle lui lançait des regards courroucés.  Alors sa fille, les ressentant comme des flèches assassines, osait rire de moins en moins  . Et les années passant, elle s'en abstint même tout à fait.
 

Puis, vers l’adolescence, elle avait essayé de la comprendre, pourquoi pas inconsciemment pour essayer de reconquérir son père  en le  déchiffrant  à travers elle.

Mais elle l'avait regardée alors avec détachement et méfiance et ne s’était jamais livrée ; se comportant comme une visiteuse de passage, qui savait qu’elle s’en irait un jour.
 

Elle avait alors décidé de lui casser le caractère afin de mieux la dominer, de lui inspirer de la terreur afin de la déposséder de tout ce à quoi elle tenait ; lui arrachant des mains tout ce qu’elle avait, en lui reprochant de ne pas savoir partager, de ne point savoir donner. Cela l’avait rendue encore plus étrangère et plus détachée. Elle se sentait maintenant survolée, ignorée, comme une fièvre maligne qui finirait bien par s’en aller. Car sa fille s’était  endurcie, progressivement, jour après jour. Donc, elle avait donné délibérément aux cadets tout ce qu’elle lui avait toujours refusé et même la part qui aurait du lui revenir ; puisque si cela avait l'air de l'indifférer c’est qu’elle n’en n’avait nul besoin

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 22:09

  la-soufri-re.jpg

 

Notre astronef avait du se poser sur cette planète inconnue.

 Ne sachant où nous restaurer, dormir, ni surtout comment  trouver les pièces détachées  pour notre appareil, nous avions monté un bivouac improvisé, mais ne voyions rien qui puisse ressembler à un  quelconque moyen de transport, ni à  un magasin d’alimentation ou  simplement même à de la nourriture.

Nous semblions  sans intérêt pour les habitants des lieux et nos différentes tentatives de prise de contact n'avaient pas abouti..

 Désabusés et épuisés nous restâmes assez longtemps dans un état de prostration extrême. Un temps suffisamment long en tout cas pour  être totalement dénutris et déshydratés. 

 

 Alors ils vinrent et avec des appareils étranges  dont nous avions du mal à saisir  le concept.

Puis une matière translucide  se matérialisa sous nos pieds et nous emmena, sans aucune   sensation de déplacement, dans une enceinte, ou nous reçûmes de l’alimentation et de l’eau .
Nous comprîmes par  la suite que nous avions été parqués avec les  mentalement réticents.

De temps à autre, ils s’efforçaient de nous communiquer leurs attentes. Nous déchiffrâmes enfin nos hôtes. Ils étaient simplement impatients de nous voir  matérialiser notre nourriture par la pensée et que nous nous déplacions pareillement. C'est certainement pour cette raison qu'ils semblaient  ignorer nos demandes répétées de pièces détachées pour notre astronef. 
 

 

Le langage des signes, langue universelle, était devenue  interplanétaire. Nous débutâmes par les remerciements d’usage avant d’entamer une conversation soutenue.

 

Ils nous regardèrent sidérés et tournèrent les talons.

 

Nous comprîmes bien après que nous avions employé le langage des primitifs, des premiers temps de leur galaxie.

   

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 21:30

J’ai 15 ans aujourd’hui




Cet âge me plaît.

Je crois même l’avoir toujours eu.

C’était hier il est vrai,

Mais rien n’a changé depuis,

 

Mon cœur est insouciant et j’ai l’esprit rebelle,

Bien que je sois devenue un peu plus habile,

Car je me suis heurtée aux pierres de la vie,

Mais je me suis toujours rattrapée au bond.

 

Des soleils éphémères m’ont fatigué les yeux.

Et si les rayons de l’astre se font rares aujourd’hui

C’est parce que je rêve tout au fond de mon lit.

J’y suis  installée, et m’y trouve même très bien.

 

J’ai semé quelques graines et ai récolté des fruits

Dix  enfants et trente et un petits enfants,

Ainsi que quatre vingt trois arrière petits enfants

Je crois que c'est cela , à une ou deux unités près.

 

Ils sont tous rassemblés,

Car ils croient que j’ai 100 ans.

Ils se trompent peut-être,

De cela je suis même certaine.

 

Car ils  ne voient de moi que l’enveloppe qui m’habille

Puisque, je le sais,  j’ai 15 ans… dans mon cœur.

 

 

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 14:23

 

 

Le sentier disparaissait sous les herbes folles.

Seul son creux dans le sol guidait encore mon pied.

Une toile d’araignée, fine comme de la soie,

me poudra le visage.

Un lièvre apeuré fila dans un buisson

Les arbres me faisaient un toit d’émeraudes,

Que le soleil là-haut faisait toutes briller.

Je suivais cette sente où me portaient mes pas,

Caressant au passage une branche cassée.

Une laie suivie de quatre marcassins

Allant d’un trot alerte me barra le chemin

Je m’écartai d’un saut sur un arbre coupé

Et m’y juchai tel une équilibriste.

J’évitai son regard et baissai même les yeux,

Car trop de place déjà je prenais dans son monde.

J’encombrais sa forêt de ma personne oisive.

Je caressais les arbres, évitais les fourmis,

Me faisant nuage dans cet espace sauvage.

Mon esprit libre de toute contingence,

Se laissait guider par seulement l’instinct.

Comme le plus petit être de cette forêt touffue,

Je me fiais au vent.

Il m’apportait des senteurs inconnues,

La sève de l’arbre à la branche cassée,

Maintenant je la sentais,

Comme une blessure ouverte,

Qu’il tentait de cicatriser en la coagulant.

Une biche cherchait là-bas son petit.

Il croquait non loin d’elle de tous jeunes bourgeons.

Dans un creux un renard surveillait une pie,

Et sa robe se mariait à celle de la forêt.

Car nous étions déjà arrivés fin Septembre

Et toutes ces teintes chaudes

Me faisaient ressentir les premières vibrations du cœur de l’automne.

Comme une tapisserie fine

Que j’essayais de fixer dans mon esprit folâtre

Ces touches de couleur,

Que je voudrais copier  sur une toile toute blanche.

Sans nul dessin, juste des sensations

Les sensations diffuses d’un après-midi de Septembre

 

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  • : le domaine de Chantal Sayegh-Dursus
  • : Quelques échantillons littéraires personnels, mais surtout des coups de coeur pour des auteurs ou des artistes, dont l'oeuvre ou les écrits m'ont interpellé ; ainsi que des entrevues avec des personnalités du Monde de la Culture.
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