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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 00:29

Intérieur maison (7)

     

 

             A la fin des vacances, nous rentrâmes à Paris, où je devais repasser en septembre l’UV manquante et trouver un emploi.

 

             Dès octobre, je postulai pour un poste de Conseiller financier dans un Cabinet de courtage en assurance et en produits financiers, qui se trouvait dans la quartier de l'Etoile.

 

             Sur plus de cent cinquante postulants, soixante d’entre nous furent retenus, et quelques semaines après nous n’étions plus que vingt-quatre ; en tenant compte des promotions précédentes.   

 

             Dans la salle où nous travaillions et prenions nos rendez-vous, nous étions huit ; dont deux de Sciences-Po Dauphine. En effet, l’on nous avait fait miroiter au départ des salaires de 7.000 francs mensuels. Ces émoluments potentiels étaient forts alléchants ; si l’on sait que le SMIC de l’époque était d’environ 1.400 francs.

Nous obtenions cinq rendez-vous par jour, grâce à un actif marketing téléphonique  auprès de cadres supérieurs des grandes entreprises ou encore des Ministères. 

Nos heures de  présence au travail commençaient dès 8 heures du matin et se terminaient à 20 heures le soir, après une heure de formation. Rentrés chez nous, nous lisions les pages financières des journaux spécialisés, afin de nous tenir informés des cotations boursières, mais également  être en mesure d’anticiper l’impact des nouvelles lois sur les portefeuilles de nos clients. 

Mais malgré  un nombre important de rendez-vous et de nombreux contrats signés cet emploi se révéla vite très peu rémunérateur, car nous étions payés uniquement à la commission, et seulement deux mois après la signature de nos Contrats.  Une commission que nous partagions avec notre superviseur et notre employeur.  Et  nous n’avions aucun défraiement pour l’ensemble de nos déplacements.

 J’y restai dix semaines.

               Quinze jours après ma démission en tant que Conseiller financier, je passai des tests de Q.I chez un psychologue, qui aboutirent à une embauche  en tant que Consultant dans un Cabinet pour le recrutement des Cadres. 

Cette fois-ci la clientèle était composée de Directeurs du Personnel des grandes entreprises. 

Les contacts que je prenais étaient fructueux et fort intéressants. Souvent, les Directeurs qui s’ennuyaient dans leurs grands bureaux, me retenaient plus de deux heures pour des conversations à bâton rompu sur des sujets d’actualité. Mais les conditions financières n’étaient guère plus avantageuses que précédemment.

 

             Aucun de ces deux emplois, bien que très formateurs, ne correspondaient à mes attentes du moment, car  nous avions décidé d’acheter une maison, mais n’avions pas de budget pour le faire. 

 

             L’ANPE de Saint Germain en Laye avait bien consenti à  m’inscrire sur ses listes car,   parmi les unités de valeurs que j’avais acquises à l’Université, il y en avait une de comptabilité.

Pour prouver son sérieux, l’Agence pour l’emploi me fit même passer des tests. Sans aucun doute afin de vérifier que j’avais bien les connaissances inscrites sur mes diplômes.

Mais cela ne me permit en fin  de compte que d’avoir l’autorisation de consulter et de pouvoir postuler aux offres affichées dans toutes les Agences du Département.

Aussi ce ne fut que grâce à une des nombreuses agences d’intérim, que je démarchai également, que je trouvai finalement un premier emploi normalement rémunéré.

 Je réalisai  que l’intérim était, en fin de compte, la meilleure expérience que j’eusse pu avoir, car les postes proposés correspondaient  totalement à mes attentes. Les affectations   présentaient moins de contraintes.  Par exemple, je pouvais choisir librement mes entreprises, mon salaire, et surtout demander à écourter les missions quand celles-ci se révélaient décevantes.

 

          Nous étions alors à l’époque du plein emploi. Ainsi lorsque mon CDD se terminait un vendredi à dix-sept heures, j’avais encore le temps de démarcher quatre à cinq agences, qui se trouvaient souvent côte à côte,  afin d’être en poste dès le lundi matin. Ajouté à cela, les expériences acquises lors des différentes missions étaient multiples et variées. Il fallait par contre s’adapter très rapidement. Et je découvris, de façon surprenante, que ce n’étaient pas les Grands Groupes qui offraient les meilleurs salaires ou les meilleures conditions de travail. L’on y pouvait même, à cause du népotisme qui y existait souvent, effectuer des  tâches répétitives, sous les ordres de supérieurs hiérarchiques grincheux et incompétents, pendant des mois, voire des années entières. De nombreux collègues qui y occupaient un emploi fixe, depuis plusieurs années, pouvaient en témoigner.

 

            Après six mois de missions dans diverses Sociétés parisiennes, en m’auto-octroyant deux ans d’expérience, je décrochai enfin mon premier CDI.

 

(...) 

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commentaires

mamazerty 30/07/2012 20:58


ouh la...oui il faut parfois "gruger" un peu....entre ce qu'on espère et la réalité parfois un fossé,petit ou grand^^

Punch-frappé 01/08/2012 01:41



Pas vraiment gruger, car je postulais pour des postes où j'avais acquis une certaine expérience en intérim et que je me sentais  capable de tenir, bien que le temps jouait
en ma  défaveur. Car les employeurs demandaient souvent à la fin des études que l'on ait déjà travaillé depuis au moins deux ans ; ce qui était logiquement
impossible.



écureuil bleu 30/07/2012 20:32


C'étais déjà difficile de trouver son premier job, mais moins que maintenant... Bisous

Punch-frappé 01/08/2012 01:30



Oui il y avait souvent des esclavagistes des temps modernes qui recherchaient des jeunes diplômés pour leur faire exécuter des tâches rentables pour eux, mais moins pour le
jeune débutant. Le temps qu'il s'en aperçoive, il avait déjà perdu plusieurs mois à un travail très peu lucratif pour lui en fait .



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