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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 00:32

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 (...)

 

Il est vrai que si nous avions cours à des heures si tardives, c’est parce que les professeurs qui nous les dispensaient se consacraient le jour aux élèves des Grandes Ecoles, où ils étaient beaucoup mieux rémunérés. 

 

Ils arrivaient donc, en fin de journée, fatigués et moins motivés. Alors ils ne nous épargnaient pas, et se faisaient même un malin plaisir à essayer de nous ridiculiser. S’acharnant à nous convaincre que les Universités étaient une insulte à l’intelligence ; que nous détournions honteusement les deniers de l’Etat. Que notre formation ne pourrait jamais rivaliser avec celle des Ecoles réputées. Que nous étions une fabrique de chômeurs. Pour nous en convaincre, il leur arrivait même de distribuer, au hasard de leurs humeurs, des notes dissuasives pour notre cursus.

 

Cette réputation de sous-étudiants avait  fait attaquer la salle de notre petite librairie tenue par l’Unef par des étudiants d’extrême droite d’Assas ; brûlant, saccageant et déchirant les livres que nous nous revendions et achetions, à des prix beaucoup plus avantageux que ceux que nous avions l’habitude d’obtenir chez Gibert Jeune.

 

Je n’encourus personnellement aucun dommage, car mes livres de Maîtrise de Sciences et Techniques de Gestion rédigés en langue anglaise ne pouvaient être achetés ou revendus  par cette librairie d’étudiants, qui concernait surtout les Sciences Humaines. Mais, moi qui ne m’était jamais auparavant préoccupée de voter, et dont l’idéologie première était plutôt conservatrice, car nul membre de ma famille ni moi-même n’avions jamais reçu aucune aide de l’Etat, je commençai peu à peu à me forger une conscience politique.

 

Cette expérience des conditions d’étude à l’Université me fit rédiger, bien des années plus tard, cet article dans un journal pour lycéens :

 

Le Lyc-en JUIN-JUILLET 2008 6-copie-1

                                                     Journal Le Lycéen de juin-juillet 2008

 

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commentaires

écureuil bleu 16/06/2012 21:24


J'ai été à l'Université parce que les Grandes Ecoles coûtaient trop cher et je ne le regrette pas. Bisous

Punch-frappé 17/06/2012 13:16



Je ne le regrette pas non plus, car l'esprit critique et la débrouillardise que l'on acquiert là-bas sont sans commune mesure avec la formation des grandes écoles, qui
servent prioritairement, j'en suis convaincue,  à préformater des hommes pour l'industrie...ou la
politique.



mamazerty 10/06/2012 19:08


démocratisation (relative)des facs ou grandes écoles pas ouvertes aux petits ou moyens budgets, l'hésitation n'est pas longue,le choix est à l'image de ce que peuvent faire les parents comme
sacrifice financier....

Punch-frappe 11/06/2012 00:26



En effet, un enseignement à deux vitesses . Et pourtant la Révolution française à été faite pour gommer
les privilèges...si je ne me trompe  .


Bises et à bientôt Mamazety.



gilbertilo 08/06/2012 18:58


Tout celà m'est étranger,j'ai quitté l'école à quinze ans pour un apprentissage dans la métallurgie.Trois ans à forger mon caractère autant que mes convictions .J'y ai appris la grossièreté
aussi,la langue verte et bien des choses de la vie,mais pas vraiment un métier.Nous étions cinq apprentis,des manoeuvres déguisés très peu rémunérés.Par la suite j'ai eu la chance d'intégrer la
DCAN,(une boîte formatrice s'il en est,la courtoisie,la solidarité et par-dessus tout l'amour de la belle ouvrage) une direction dépendant de la DGA.Me voici proche de cette retraite si
désirée par beaucoup,j'avoue n'avoir aucune hâte à la prendre.Tu vois chantal "mes études" ne sont que leçons de vie et une certaine curiosité ,agrémentés d'un peu d'altruisme riche de rencontres
déterminantes.

Punch-frappe 09/06/2012 13:18



Une vie débute par des choix, souvent déterminés par l'entourage et l'environnement. Par la suite, nous acquerons notre propre vue des choses, qui nous mène à des choix déterminés cette
fois par notre caractère propre. Nous fraternisons à cette époque de notre vie avec ceux/celles qui empruntent la route de nos choix.


Ah ! Ah ! Ah ! Encore une fois je me suis laisser aller à philosopher...


Bonne journée Gilbertilo



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